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BRETAGNE
: LA CHOUANNERIE |
La
chouannerie bretonne fut essentiellement
une réaction anti-révolutionnaire,
spontanée, non idéologique,
nourrie de désillusions économico-politiques
puis religieuses après l'espoir
des premières réformes de
1789. |
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La Bretagne perdit ses
privilèges. La société paysanne
n'avait que très peu bénéficié
des réformes et avait même
souffert de certains changements.
La Bretagne comme le Poitou
étaient des pays où beaucoup
de paysans ne tenaient leurs
terres que de manière précaire
(location, domaine congéable,
métayage).
L'abolition des droits seigneuriaux
n'eut aucun effet sur ce
régime, et l'abolition des
dîmes au bénéfice du propriétaire
fit que celle-ci s'ajouta
au loyer.
La paysannerie n'accepta
pas l'arrivée au pouvoir
de la bourgeoisie urbaine,
fortunée et triomphante
à partir de Thermidor (1794).
La réorganisation religieuse
à partir de 1790 fut mal
acceptée car elle perturbait
trop les schémas traditionnels
et émanait d'un pouvoir
central lointain considéré
comme peu légitime.
Ce fut surtout l'exigence
faite au clergé devenu fonctionnaire,
comme à tout fonctionnaire
d'État, d'un serment
de loyauté (Constitution
Civile du Clergé)
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qui
provoqua une réaction hostile
au sein du clergé soutenu
par une grande partie de la
population paysanne. Les paysans
se regroupèrent et portèrent
des pétitions aux autorités.
Des échauffourées éclataient
régulièrement, toujours matées
par la Garde Nationale, constituée
de jeunes aventuriers zélés,
étrangers pour beaucoup à
la société rurale, voire à
la Bretagne elle-même.
A côté de cette hostilité
paysanne anti-révolutionnaire,
la noblesse restée sur place
organisa un mouvement contre-révolutionnaire
plus politique destiné à rétablir
le pouvoir royal, les privilèges
des ordres, des provinces,
des corporations, de l'Église.
en attendant l'armée des Princes.
La conscription de 1793 pour
défendre les frontières françaises
déclencha une grande
insurrection dans les campagnes
du Poitou ( Vendée)
et de Bretagne notamment.
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Si
en Poitou, l'insurrection
s'organisa en armée
avec l'encadrement d'une partie
des nobles et officiers, elle
resta en Bretagne une jacquerie
vite matée par la Garde Nationale
épaulée par les troupes régulières.
La chouannerie fut cette guérilla
bretonne peu organisée qui
s'intensifia à partir de 1794
par la rencontre, suivant
l'exemple vendéen, de la jacquerie
des paysans et du complot
contre-révolutionnaire des
nobles, chacun défendant aussi
des intérêts antagonistes.
Pas d'armée, peu de combattants,
peu d'encadrement, un soutien
irrégulier des populations
; voilà les caractéristiques
de la chouannerie.
La première chouannerie
(hiver 1793-94 - 1795)
Elle fut le fait des meneurs
des événements de 1793 et
de quelques réfugiés de la
Vendée,
regroupés en petites troupes
autour d'un chef local (Boisguy
dans le pays de Fougères,
Guillemot à Bignan-Locminé,
Cadoudal
autour d' Auray).
Elle se développa assez
peu en raison de la terreur
imposée par les autorités.
Ces groupes se fédérèrent
à partir de l'été 1794 sous
l'impulsion d'un gentilhomme
normand, Puisaye, qui établit
le lien avec le Comte d'Artois,
frère du défunt-Roi.
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La chute de Robespierre marqua
une période d'apaisement,
la liberté des cultes fut
rétablie, mais les chefs chouans
voulaient poursuivre la guerre.
La deuxième chouannerie
(1795 - Quiberon - 1796)
Le 27 juin 1795 débarqua à
Quiberon
une armée de plus de 5 000
hommes transportés par la
flotte anglaise rejointe par
les nombreuses hordes chouannes.
Les troupes du général Hoche
décimèrent aisément cette
armée hétérogène au commandement
divisé (2 000 morts,
5 à 6 000 prisonniers, 750
condamnés à mort).
Après ce désastre, une paix
éphémère ponctuée d'actes
de guérilla sporadiques autour
de chefs bien implantés comme
Cadoudal,
fut suivie d'une reprise des
combats en 1797, lorsque les
monarchistes modérés, qui
venaient d'emporter les élections,
furent renversés par Barras
soutenu par Bonaparte (coup
d'état du 18 fructidor).
La troisième chouannerie
(1797 - 1799)
Les persécutions religieuses
reprirent avec vigueur, les
réfractaires furent déportés.
Cadoudal
organisa la rébellion en Bretagne,
Maine et Normandie, soutenue
par une population exaspérée.
Les hordes chouannes furent
encadrées par des officiers
nobles qui en firent une véritable
armée, coordonnant les actions,
définissant une stratégie
: prendre les villes en direction
de Paris ( Nantes,
Le Mans...).
Le retour de la conscription
en 1799 favorisa encore l'adhésion
des populations. Mais l'arrivée
de renforts républicains puis
le coup d'état de Bonaparte
et sa politique de fermeté
mirent un terme à la chouannerie.
Après avoir échoué à Vannes
en octobre 1799, Cadoudal
signa la paix avec le général
Brune le 14 février 1800 à
St Avé (château de Beauregard).
Mais cette paix ne fut pas
respectée par les républicains. |
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La
résistance de Cadoudal
Après ses rencontres avec Bonaparte,
Cadoudal
qui avait refusé les grades que
le Consul lui offrait, s'embarqua
pour l'Angleterre pour y chercher
du soutien puis revint continuer
ses coups de main et attentats dans
son fief autour de Locoal avant
de revenir à Paris où il fut arrêté
avec une douzaine de ses fidèles
pour avoir comploté avec Pichegru
contre Napoléon.
Refusant la grâce de Napoléon, il
fut exécuté le 25 juin 1804 en place
de Grève, après avoir prononcé ces
paroles : "Mourons pour
notre Dieu et notre Roi", reprenant
la devise des insurgés
vendéens.
Son corps fut remis aux étudiants
en médecine. Ses descendants
furent anoblis par Louis
XVIII et sa ferme de Kerléano
fut transformée en manoir. |
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