La
Bretagne, appelée Armorique
dans l’Antiquité, fut
habitée par des peuples appartenant
à la civilisation mégalithique,
comme en témoignent notamment
les alignements de menhirs de Carnac,
dans le Morbihan.
Les Celtes s’y installèrent
au VIème siècle avant
J.-C. Les Vénètes
celtisés résistèrent
vaillamment à Rome, qui ne
soumit la région qu’en
51 avant J.- C., à la
suite d’un combat naval dans
le golfe du Morbihan. L’Armorique
fut englobée dans la province
de Gallia Lugdunensis.
Cependant, à la différence
du reste de la Gaule, l’Armorique
ne fut jamais complètement
romanisée. Elle fit ensuite
successivement partie de la Celtique
et de la Lyonnaise au IIIème
siècle.
Les grandes invasions germaniques
du IVème siècle n’atteignirent
pas la région. De nouveaux
flux migratoires s’opérèrent
néanmoins à partir
de 470. Les Bretons (Britons), chassés
de l’Ile de Bretagne (les
îles Britanniques d’aujourd’hui)
par les Angles et les Saxons, se
réfugièrent en masse
en Armorique, qui prit dès
lors le nom de Bretagne. Ces nouveaux
colons participèrent activement
au développement de la vie
chrétienne de la région
en la couvrant de monastères.
En 636, Dagobert Ier imposa la suzeraineté
franque. En 846, Nominoé
lutta contre Charles le Chauve et
rendit la Bretagne pratiquement
indépendante. Plusieurs maisons
ducales, les maisons de Bretagne,
régnèrent jusqu’au
début du XVIème siècle.
Conan Ier, comte de Rennes, devint
duc en 987. En 1170, le duché
passa sous l’autorité
de Geoffroi II Plantagenêt,
fils d’Henri II d’Angleterre,
grâce à l’alliance
obtenue par son mariage avec Constance,
fille de Conan IV. Il retourna à
une lignée de ducs français
demeurant à Rennes, la dynastie
de Dreux, installée par Philippe
II Auguste, au début du XIIIème
siècle.
La guerre de succession de Bretagne,
entre 1341 et 1364, permit à
Jean de Montfort (Jean IV) de devenir
duc de Bretagne au traité
de Guérande (1365). La Bretagne
connut alors plus d’un siècle
de prospérité, cette
période marquant l’apogée
de la civilisation bretonne. |
En 1491, lorsque
Anne de Bretagne, qui avait hérité
du duché, épousa Charles
VIII, la Bretagne fut temporairement
unie à la France. En 1514,
le mariage de Claude de France,
la fille d’Anne de Bretagne,
avec le futur François
Ier, entérina l’annexion
de la Bretagne à la France.
En 1532 fut publié l’édit
d’Union de la Bretagne à
la France. L’histoire de la
région s’insère
alors dans l’histoire de la
France. La région développa
la draperie, l’élevage
et la vie maritime.
L’art gothique flamboyant
s’épanouit à
cette époque.
Cette province conserva cependant
certaines particularités.
Les États se réunissaient
tous les ans à Vannes
ou à Rennes.
Un parlement s’installa à
Rennes.
Les ports se développèrent
aux XVIIème et XVIIIème
siècles, notamment Nantes,
qui prospéra grâce
au commerce des esclaves et aux
produits des Antilles, |
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Morlaix,
Saint-Malo,
ports de pêche à la
morue, Lorient,
tourné vers les Indes orientales,
tandis que Brest,
fondé par Richelieu, vit
se développer son arsenal.
Pendant la Révolution française,
la région fut le foyer le
plus important des guerres
de Chouannerie.
La région, restée
au XIXème siècle surtout
rurale, très imprégnée
par la religion catholique, avec
un taux de natalité élevé,
vit nombre de ses habitants émigrer
vers Paris. La Bretagne était
alors riche de sa culture singulière,
notamment de sa langue, le breton,
et de sa littérature. Elle
paya un lourd tribut en vies humaines
lors de la Première Guerre
mondiale, et les ports furent durement
bombardés en 1944. Depuis
1960 se développe le particularisme
breton.
L’indépendance de la
région est périodiquement
revendiquée par des mouvements
autonomistes, dont le FLB (Front
de Libération de la Bretagne).
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